Aux XVIIe et XVIIIe siècles, on nomme « pièces d’agrément » les pièces de théâtre qui comportent des scènes de musique et de danse, ainsi que des effets spectaculaires comme des machines volantes ou des acrobates, par exemple. Cette terminologie renvoie aux poéticiens français de l’époque classique, très attachés à distinguer l’étude du texte théâtral de sa représentation scénique et des « agréments » éventuels qu’on pouvait lui adjoindre : la musique et le chant, les scènes de ballet, et tous les effets spectaculaires connus à l’époque. Cette distinction théorique entre le texte et ses agréments a fini par désigner, par extension, une catégorie du répertoire de la Comédie-Française qui se distingue des pièces « ordinaires » et ce pour deux raisons principales :

  • les pièces d’agrément sont plus coûteuses à monter et font l’objet d’une préparation plus particulière, à la fois en termes de moyens engagés, mais également en termes de travail de répétition puisqu’elles nécessitent l’embauche d’un personnel surnuméraire important (instrumentistes, chanteurs, danseurs, figurants, ouvriers et manœuvres);
  • les pièces d’agrément font l’objet de disputes et de procès réguliers entre les théâtres car l’Opéra, qui disposait alors d’un monopole sur les « spectacles en musique » espérait en contrôler l’usage, soit en faisant interdire la musique et la danse sur les scènes de la Comédie-Française et de la Comédie Italienne, soit en louant son privilège aux théâtre forains (à partir de 1715).